A l’époque, j’étais étudiante à la faculté d’Aix en Provence, et j’avais obtenu un premier poste de professeur remplaçante auprès d’élèves à peine plus jeunes que moi. Les idées d’extrême gauche me correspondaient tout à fait et j’étais très loin du Seigneur.
Ma mère travaillait bénévolement pour une mission auprès des musulmans, et j’avais parfois des contacts avec les missionnaires. Leur insistance à me parler de Christ me dérangeait beaucoup et je faisais tout pour éviter leurs questions trop personnelles.
Un peu avant les vacances d’avril, lassée par quelques mois d’enseignement difficiles, je décidai de partir à l’étranger pour me changer les idées. La ville de Malaga, en Espagne, avait attiré mon attention sur une carte. Je savais que des missionnaires y faisaient le même travail que ma mère et qu’ils accepteraient de me loger le temps de mon séjour. Je quittai Marseille, déterminée à passer avec eux le moins de temps possible, afin de ne pas être exposée à des questions indiscrètes sur mon « état spirituel ». Quel ne fut pas mon étonnement, pendant tout mon séjour, de constater que ces gens ne me considéraient pas comme quelqu’un à évangéliser, mais avec beaucoup de simplicité.
Pas une seule fois ils ne me demandèrent si j’étais chrétienne. Leur façon de vivre devant moi, leur amour et leur paix me montrèrent que ma vie était vide à côté de la leur. J’avais envie d’être comme eux. Grâce à l’éducation religieuse reçue dans mon enfance et au témoignage de ma mère, je n’avais pas rejeté l’idée que la Bible était la Parole de Dieu, que Jésus était mort sur la croix. Mais ces « croyances » n’étaient pas suffisantes pour transformer ma vie. De retour dans ma famille, j’eus la surprise d’apprendre que mon frère s’était converti pendant ces mêmes vacances, lors d’un camp chrétien. Sa vie changée ressemblait à celle des missionnaires que je venais de quitter. Mais, le cœur humain est tortueux, et lorsque je repris toutes mes activités, j’oubliai ce que Dieu m’avait montré. Cependant le Seigneur poursuivit son œuvre, et quelques semaines plus tard, j’eus un accident de voiture et je perdis en même temps mon travail, ma voiture et ma mobilité….
Je compris que Dieu avait épargné ma vie cette fois-là et que je ne devais pas le négliger. Comme Jacob, la lutte avec Dieu fut longue : j’avais saisi que si je me tournais vers Dieu, je devais tout laisser derrière moi et changer de vie littéralement ! Ce pas était difficile à faire, mais c’est en entendant le verset cité plus haut que je décidai de le suivre. La pensée que le ciel et les anges puissent se réjouir seulement pour moi eut raison de ma résistance. C’est un choix que Dieu m’a permis de faire il y a bien longtemps :
par sa grâce j’ai choisi « la meilleure part, qui ne me sera point ôtée ».